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L’abricotier est un arbre fruitier généreux mais sensible, qui demande une taille beaucoup plus prudente que certains autres arbres du verger. Pour conserver un arbre équilibré, favoriser la fructification et limiter les risques de gommose, mieux vaut intervenir peu, au bon moment et toujours par temps sec.

Alors, quand tailler un abricotier et surtout comment procéder sans fragiliser l’arbre ? La réponse repose sur deux périodes principales : la fin de l’hiver, avant le débourrement, et la période estivale après la récolte. La taille doit rester légère et progressive, car une coupe importante peut provoquer des blessures difficiles à cicatriser.
Avant de tailler un abricotier, retenez ces quelques principes :
L’abricotier (Prunus armeniaca) apprécie les situations ensoleillées, à l’abri des vents froids. Il peut pousser dans un sol ordinaire à condition que celui-ci soit suffisamment drainé. Un sol dans lequel l’eau stagne durablement est à éviter.
La plantation peut être réalisée à l’automne, lorsque les conditions sont favorables à l’enracinement. Prévoyez suffisamment d’espace autour de l’arbre afin qu’il puisse développer sa ramure correctement.
L’abricotier a la particularité de fleurir assez tôt, généralement dès le mois de mars. Cette floraison précoce le rend particulièrement sensible aux gelées tardives. Une situation protégée peut donc faire la différence, notamment dans les régions où les températures peuvent encore être basses au début du printemps.
Avant même de penser à la taille, il est donc essentiel de choisir un emplacement adapté : beaucoup de soleil, une bonne circulation de l’air, un sol drainant et une protection raisonnable contre les vents dominants.
C’est le point essentiel à retenir : l’abricotier se taille peu.
Comme les autres arbres à noyau, il peut mal supporter les tailles importantes. Une coupe sévère constitue une blessure pour l’arbre et peut favoriser la gommose, caractérisée par un écoulement de gomme au niveau des plaies.
Une taille trop importante peut également provoquer une réaction excessive de l’arbre : au lieu de favoriser une fructification équilibrée, elle peut entraîner une production importante de nouveaux rameaux et de bois.
L’objectif est donc de conserver le port naturellement équilibré de l’abricotier et de n’intervenir que lorsque cela est réellement nécessaire. Lorsque plusieurs branches importantes doivent être supprimées ou raccourcies, mieux vaut procéder progressivement, par exemple en travaillant une partie de la ramure une année puis l’autre l’année suivante. Cette approche permet de limiter le stress subi par l’arbre et de réduire le nombre de grosses plaies.
À retenir : avec l’abricotier, une petite taille bien réalisée vaut mieux qu’une taille sévère.
Il existe principalement deux fenêtres d’intervention pour tailler un abricotier. Le choix dépend de l’objectif recherché et de l’état de l’arbre.
| Période | Type de taille | Objectif |
| Fin d’hiver, avant le débourrement | Taille de fructification | Observer les bourgeons et équilibrer légèrement la fructification |
| Été, après la récolte, notamment en août-septembre | Taille en vert | Favoriser la cicatrisation avant l’hiver et accompagner le développement des fruits |
| À éviter | Taille sévère, temps humide ou période de gel | Limiter les risques de gommose et de maladies |
La taille peut être réalisée en toute fin d’hiver, avant le débourrement, lorsque les conditions météorologiques sont favorables.
Cette période permet notamment d’observer plus facilement les bourgeons. Sur les rameaux, les bourgeons à bois sont plutôt pointus, tandis que les bourgeons à fleurs sont plus ronds et joufflus. Cette distinction est utile pour comprendre où se trouvera la future végétation et où se concentrera la fructification.
Intervenez toujours par temps sec. Une période humide ou une intervention au moment du gel augmente les risques liés aux blessures et aux maladies.
La seconde période intéressante est l’été, après la récolte, notamment en août ou septembre.
La taille en vert de l’abricotier permet de réaliser des interventions légères alors que l’arbre est encore en végétation. Elle peut favoriser une bonne cicatrisation avant l’arrivée de l’hiver et accompagner le développement de la ramure.
Cette intervention doit rester mesurée : il ne s’agit pas de supprimer massivement des branches, mais plutôt de corriger certains rameaux et de conserver une structure équilibrée.

Avant de couper, prenez le temps d’observer l’ensemble de l’arbre. L’objectif n’est pas de lui donner une forme artificielle, mais de maintenir une ramure aérée et équilibrée.
Supprimez en priorité les branches mortes, cassées ou manifestement abîmées.
Ces branches n’ont plus d’intérêt pour la fructification et peuvent constituer des portes d’entrée pour certains problèmes sanitaires.
Les rameaux qui se croisent, se frottent ou se dirigent fortement vers l’intérieur de la couronne peuvent être supprimés lorsque cela est nécessaire.
L’objectif est de conserver une ramure suffisamment aérée, permettant à la lumière et à l’air de mieux circuler.
Cette intervention doit cependant rester légère. Il ne faut pas chercher à vider complètement le centre de l’arbre.
Les gourmands sont des pousses vigoureuses qui consomment beaucoup d’énergie sans forcément contribuer efficacement à la fructification.
Lorsqu’ils sont mal placés ou trop nombreux, ils peuvent être supprimés afin de conserver une ramure plus équilibrée.
Certains rameaux peuvent devenir particulièrement longs ou vigoureux. Un léger raccourcissement peut permettre de conserver une structure équilibrée et d’éviter que les branches ne ploient excessivement sous le poids des fruits.
Là encore, évitez les coupes importantes.
Les branches principales, ou charpentières, constituent la structure de l’arbre. Elles ne doivent pas être taillées systématiquement.
Une erreur fréquente consiste à vouloir raccourcir les grosses branches pour donner une forme plus compacte à l’arbre. Chez l’abricotier, cette pratique peut au contraire provoquer des blessures importantes et favoriser la gommose.
L’arcure est une technique intéressante pour l’abricotier.
Elle consiste à favoriser une position plus horizontale des branches. Lorsque les rameaux s’inclinent, la circulation de la sève est modifiée et les bourgeons à fleurs peuvent être favorisés. Il est donc préférable de laisser les branches s’arquer naturellement, notamment sous le poids des fruits, plutôt que de chercher systématiquement à les raccourcir. Cette logique permet de travailler avec la croissance naturelle de l’arbre plutôt que contre elle.
Ne taillez donc pas les branches maîtresses uniquement parce qu’elles commencent à s’incliner. Une certaine arcure peut au contraire être intéressante pour la fructification.

L’abricotier et la gommose sont étroitement liés dans les problématiques de taille.
La gommose correspond notamment à un écoulement de gomme qui peut apparaître au niveau d’une blessure ou lorsqu’un arbre subit un stress. L’abricotier cicatrise relativement mal après les grosses coupes. Il est donc préférable de limiter les plaies importantes plutôt que de multiplier les interventions.
Pour les coupes dépassant environ 1 cm, le brief recommande l’utilisation d’un mastic cicatrisant. Une solution à base d’argile verte associée à de la bouillie bordelaise peut également être envisagée selon les pratiques utilisées. Le matériel doit lui aussi être propre. Utilisez un sécateur à lame franche, correctement affûté, et désinfectez les outils avec de l’alcool à 70° avant les interventions. Le principe reste simple : moins de grosses plaies, des outils propres et une taille par temps sec.
La taille n’est pas le seul geste permettant d’améliorer la fructification.
L’éclaircissage des abricots consiste à retirer une partie des fruits lorsqu’ils sont trop nombreux sur un même rameau. Lorsque les fruits sont trop rapprochés, ils se concurrencent pour l’eau et les éléments nutritifs. Les branches peuvent également être davantage sollicitées par leur poids.
Pour favoriser un meilleur calibre et limiter les risques de maladies, notamment la moniliose, laissez environ 2 à 3 doigts d’espace entre deux abricots. L’éclaircissage permet ainsi d’obtenir une récolte plus homogène et des fruits généralement mieux développés.
Une bonne taille doit aussi s’inscrire dans une démarche sanitaire globale.
Comme nous l’avons vu, la gommose se manifeste notamment par des écoulements de gomme. Les blessures, les tailles trop importantes et différents stress peuvent favoriser son apparition.
La meilleure prévention reste donc une taille modérée, réalisée dans de bonnes conditions.
La moniliose est une maladie fréquente sur les arbres fruitiers. Elle peut notamment toucher les fruits et se développer dans des conditions favorables à la maladie.
L’aération de la ramure, l’éclaircissage des fruits et la suppression des parties atteintes participent à une meilleure prévention.
Le plomb, ou maladie du plomb, peut également toucher les arbres fruitiers. Il se manifeste notamment par des changements caractéristiques de l’aspect des feuilles.
Toute anomalie durable sur l’arbre mérite une observation attentive. Une intervention professionnelle peut être préférable lorsque le problème sanitaire est important.
La criblée, également appelée coryneum, peut provoquer des symptômes sur les feuilles et les rameaux.
Là encore, l’objectif n’est pas de multiplier les tailles, mais de maintenir un arbre équilibré et d’intervenir de manière raisonnée lorsque des parties atteintes doivent être supprimées.
La taille d’un jeune abricotier peut être relativement simple lorsqu’elle reste légère. En revanche, une intervention devient plus délicate lorsque l’arbre est âgé, très développé, déséquilibré ou présente des charpentières importantes à renouveler.
Un professionnel peut notamment intervenir pour :
Dans tous les cas, l’objectif est de préserver l’arbre plutôt que de le tailler systématiquement.
Pour une intervention adaptée à votre arbre fruitier, vous pouvez faire appel à un professionnel spécialisé dans la taille des fruitiers.
L’abricotier n’est pas un arbre qu’il faut tailler fortement pour obtenir une bonne récolte. Au contraire, la prudence est la règle.
Retenez surtout ces quelques principes :
L’essentiel est donc de travailler avec l’arbre et non contre lui. Une taille légère, réalisée au bon moment et dans de bonnes conditions, permet de préserver la santé de l’abricotier tout en accompagnant sa fructification.
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L’abricotier peut être taillé en toute fin d’hiver, avant le débourrement, pour une taille de fructification, ou en été après la récolte, notamment en août-septembre, pour une taille en vert. Dans les deux cas, choisissez une journée sèche et évitez les périodes de gel ou d’humidité. La taille doit rester légère, car l’abricotier supporte mal les interventions sévères.
L’écoulement de gomme peut correspondre à de la gommose, une réaction de l’arbre à un stress ou à une blessure. Une grosse coupe, notamment sur un arbre à noyau, peut favoriser ce phénomène. Pour limiter les risques, taillez peu, utilisez des outils propres et désinfectés et intervenez par temps sec. Les grosses plaies peuvent être protégées avec un mastic cicatrisant.
Non. L’abricotier se taille peu. Une intervention légère suffit généralement pour conserver une ramure équilibrée, supprimer le bois mort ou les rameaux mal placés et accompagner la fructification. Sur un sujet vigoureux et correctement formé, il n’est pas nécessaire de réaliser chaque année une taille importante. Une intervention progressive est préférable à une taille sévère.
Pour obtenir des fruits mieux développés, commencez par éclaircir les abricots lorsqu’ils sont trop nombreux. Laissez environ 2 à 3 doigts entre deux fruits afin de réduire la concurrence et de mieux répartir la charge sur les branches. Une légère taille en vert peut également aider à conserver une ramure équilibrée. Évitez par ailleurs les apports excessifs d’azote, qui peuvent favoriser le développement du feuillage au détriment de la fructification.